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shenight Description du blog :
22 ans, 1ère relation lesbienne, paumée et dévorée d'interrogations sur ce qui m'attend, etc... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
15.05.2007 Dernière mise à jour :
10.06.2008
De 17 à 21 ans, je n'ai connu, aimé, couché qu'avec des hommes. Une femme est entrée dans ma vie et a tout bouleversé, faisant de mes doutes des certitudes. Tout va pour le mieux avec elle sauf que nous sommes homo et la loi de notre pays évidemment ne nous offre plus les mêmes perspectives d'avenir...
Elevée depuis mon plus jeunes âges aux contes de fées, aux histoires de princes charmants, de "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", j'ai toujours rêvé de finir ma vie comme une princesse : heureuse, mariée et mère de famille. A côté de ça, il faut voir que la ou les familles dont je suis issue sont un gros bordel : parents divorcés pour mes 2 ans, remariés chacun de leur côté, ayant eux d'autres enfants, autant dire que les familles détruites et recomposées, c'est un domaine que je connais bien. Je rêvais donc d'une famille à moi, avec mes enfants et mon mari, tous plus aimants et aimés les uns que les autres. Comment fait-on alors lorsque le mari devient la femme et les enfants, hypothétiques, irréels, abstraits ?
J'aime ma femme comme personne, je veux l'épouser mais c'est légalement impossible. Le PACS alors ? Elle n'y tient pas tant que ça. Les enfants ? Pas d'actualité. Nous n'avons pas les mêmes aspirations et progressivement, je dois faire des croix sur ce à quoi j'ai toujours tenu... Mais c'est un dur cheminement qui fait bien mal au coeur... Je sais bien qu'entre ce qu'elle dit et pense, il y a parfois un large fossé, qui ne sert qu'à tenter de la préserver mais le décodage est parfois impossible.
Le premier coup que j'ai reçu, ce fut un matin où, encore toutes deux couchées, elle s'est mise à pleurer dans mes bras : elle avait toujours considéré son ex comme le père de ses enfants et encore maintenant, elle espérait que cela puisse être. Non pas qu'elle l'aime, mais il est vrai que c'est un type bien et elle aussi de son côté avait des projets d'avenir. Avoir des enfants n'était plus très loin pour elle... Ce jour-là, j'ai pris conscience que je n'étais qu'une femme !... Ca peut paraître stupide mais je m'étais toujours dit que du jour au lendemain, je pouvais avoir un enfant, il suffisait de me faire sauter par le premier venu et j'aurais eu un bambin rien qu'à moi. Précisons que je veux un enfant depuis l'âge de 17 ans. Aussi, ce matin-là, j'ai réalisé à quel point il serait dur d'avoir dorénavant un enfant, qu'il m'était impossible de porter en moi un enfant issu nos gènes à toutes deux. Je n'avais pas de queue et j'en pleurais pendant plusieurs jours, souffrant de voir des enfants ou des parents parler des leurs. Un bébé n'était plus issu de l'amour mais juste de la biologie !!!!
Avec les mois, j'ai commencé à me faire à cette idée ou plutôt à me résigner mais ce ne fut pas sans peine. Aujourd'hui, nous en parlons régulièrement, comment procéder, avec ou sans donneur connu, où, etc... J'ai besoin de ça, besoin de (sa)voir que nous pouvons fonder une vraie famille, malgré notre sexualité stérile, malgré les lois françaises, malgré tout. Mais depuis aujourd'hui, elle m'a demandé d'arrêter. Mettre des mots sur tout ça lui rend les choses plus douloureuses, de toute façon "ce n'est pas d'actualité".
Alors voilà, les enfants, ce n'est pas pour maintenant. Notre situation socio-professionnelle n'est pas au beau fixe, surtout la mienne, nos finances pas terribles et puis, notre couple est trop jeune. Je sais bien que ce n'est pas le moment ! Quant au mariage au Québec, chose dont j'ai toujours parlé avec plus ou moins de sérieux ? Pas encore d'actualité non plus faute de moyens d'abord et peut-être aussi d'envie de sa part. J'ai besoin d'officialisation et aussi de sécurité. Malgré mes familles éclatées, je veux encore croire au mariage et que si elle me dit oui un jour, ce sera pour la vie. Tout le monde depuis toujours m'a quittée, j'ai en quelque sorte besoin de l'enchaîner virtuellement à moi. Je sais que c'est un leurre mais je veux y croire...
A défaut de tout ça, je voulais qu'elle porte une bague venant de moi. Lorsque j'ai du me séparer d'elle pendant quelques semaines pour partir en Allemagne l'été dernier, je lui en avais laissé une. Malheureusement, comme elle est un peu trop grosse, elle a tendance à parfois l'écorcher. Je lui avais donc dit dernièrement que j'allais lui en offrir une plus belle, et aujourd'hui, journée passée ensemble, me semblait une bonne occasion de voir un peu ses goûts en la matière.
Centre commercial de la Part-Dieu, première bijouterie venue. Elle se désintéresse totalement de tout sous prétexte que "les bijoux, c'est pas mon truc". Quand je parlais de décodage difficile ! Il fallait ici comprendre : "tu n'en as pas les moyens, mon Amour..." Le message n'est pas passé et c'est blessée que je suis aussitôt ressortie.
Il n'y aura pas de bague, pas de mariage, et peut-être pas d'enfants. Tout est trop dur et je ne suis pas sûre d'avoir la courage de tout supporter : les incompréhensions, les obstacles divers et variés. Il va encore me falloir beaucoup de temps pour me résigner totalement...