Cachoterie et solitude
Posté le 18.05.2007 par shenight
Suite à l'histoire de la bague hier, ma femme et moi nous sommes un peu pris la tête. Ce n'était pas une dispute mais chacune de nous était triste et semblait avoir du mal à comprendre l'autre. J'avais fini par m'isoler et me réfugier sur ce blog où je me suis mise à écrire. Je savais bien qu'elle pouvait me surprendre n'importe quand mais tant pis. Eh non ! elle n'était pas au courant que je m'étais mise à raconter ma vie sur le net. Je craignais qu'elle ne comprenne pas, n'apprécie pas de voir notre vie débalée à n'importe qui ou tout simplement, je me disais que tout ce que j'écrivais, elle le connaissait déjà par coeur.
Quand je parle de solitude, cela veut dire que je n'ai qu'elle, que je ne vis que pour et par elle, que la seule personne qui attache un tant soit peu d'intérêt à mes soucis, aussi futils soient-ils, c'est ma femme... Oh ! biensûr, je suis comblée de l'avoir mais avec le temps cette espèce de promiscuité risquerait de nuire à notre couple peut-être.
Nous nous sommes connus sur le net il y a maintenant un an, chacune venant de rompre avec son homme. Les débuts furent difficiles : je vivais en Bretagne, elle à Lyon. Deux fois, elle a fait l'aller-retour juste pour moi et la deuxième fois, je l'ai suivie. Entretemps, j'avais décidé de partir un an comme fille au paire à Münich. Ces petits séjours à ses côtés me confortèrent dans l'idée que je ne voulais plus la quitter mais malheureusement, j'avais donné ma parole à la famille d'accueil. C'est la mort dans l'âme que j'ai quitté le pays le 21 août... Ce fut réellement une torture pour l'une comme pour l'autre mais je croyais au début avoir pris la bonne décision. Je devais m'éloigner de ma famille et comme j'étais à découvert à la banque, que je n'avais aucune expérience professionnelle ni diplôme, partir m'avait d'abord semblé un bon moyen de me remettre sur les rails et de réfléchir à mon avenir. C'est donc triste mais pleine d'espoir que j'ai quitté ma famille, mes rares amis, mes rats, tous mes repères et surtout, mon Amour.
Une fois en Allemagne, L'HORREUR !!! Trois enfants ingérables qui se ligaient contre moi, des parents trop permissifs, je n'y arrivais pas. Sans compter que je ne pouvais plus articuler un seul mot d'allemand. Les leçons du lycée me semblaient bien loin !... Ma Carla me manquait un peu plus chaque jour et je passait des heures sur mon lit à lui écrire. De son côté, elle m'envoyait des mails que je ne pouvais jamais lire : je n'avais pas le droit de toucher au PC ou presque. Le jour où la mère de famille m'a demandé quand est-ce que je serais sûre de rester, j'ai sauté sur l'occasion pour lui annoncer ma volonté de partir. Evidemment, j'ai écoulé plusieurs dizaines d'euros en cabine téléphonique pour consulter ma femme : si je revenais au pays, c'était pour vivre avec elle ! Les évènements se sont enchaînés, je suis rentrée plus vite que prévu ou plutôt, on m'a virée du jour au lendemain et le 9 septembre, je retrouvais ma Belle sur le quai de la Part-Dieu, le coeur battant la chamade et deux grosses valises derrière moi.
Depuis, nous vivons chez l'une de ses soeurs, avec mari et enfants, dans ce qui était leur bureau et je suis finalement devenue caissière. Vivre au crochet des gens, faire un job que je déteste, manger asiatique (lol) et manier des baguettes, j'ai tout fait par amour pour elle. J'ai pu le faire parce qu'elle était (et est encore) mon courage. Mais voilà, je suis quelqu'un de très timide et réservé alors depuis le mois de septembre, je n'ai toujours pas réussi à me faire des amis, ni même quelques relations. Les personnes que je côtoie sont ses soeurs, ses amis, mes collègues et je n'arrive pas trop à leur parler de tout ce qui peut me tracasser. Elle tente bien de me faire sortir, de me pousser à inviter les autres caissières à boire un verre mais rien n'y fait.
Aussi, hier soir, lorsqu'elle a lu mon blog, lorsqu'elle a un peu plus réalisé ma solitude et l'absence de personne à qui je puisse me confier vraiment, elle pleurait... Elle pleurait de me voir croire qu'elle ne veut pas de moi, de ma solitude, de tout. Mon pauvre Amour !... Qu'il est dur de voir ses larmes si rares...
Mais oui, ce blog est un paliatif à la solitude. Solitude d'une petite gouine qui a tout laissé derrière elle, hormis sa femme, et qui essaie de se reconstruire, de retrouver des repères. Ici, à Lyon, je n'y arrive pas trop pour le moment. Et puis, qui aurait envie d'écouter mes confidences, mes craintes, mes angoisses ? Qui supporterait d'entendre parler de ma vie de lesbienne avec toutes les interrogations que cela génère en moi ? Même ma famille ne veut rien savoir...
Ma vie ne me sert qu'à vivre auprès de ma femme. Je vis juste pour elle, elle m'est tout. Je travaille pour que nous puissions bientôt vivre ensemble, chez nous. Je me lève pour passer du temps avec elle. Je mange parce qu'elle me le demande. Je me soigne parce qu'elle s'inquiète de ma santé. Je dors parce qu'elle dort aussi et parce qu'il faudra encore se lever et recommencer. Voilà que je déprime à fond ! Comme je la plains mais je l'aime tellement !!!!.....
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Touchée par ton histoire
Posté par
céline le 28.02.2008
Bonsoir.
Je suis tombée sur ton blog par hasard, ce soir et je suis vraiment touchée par ton histoire; l'AMOUR que tu éprouve pour carla est d'une pureté rare. Je trouve cela trés beau et je voulais te dire que tu n'es pas seule...Le probleme, c'est cette société qui juge et fait des amalgame entre la vie réelle et bien des romans télé. Accroche-toi et oublie ces abrutis de chez leclerc ! Amicalement...
Lien vers mon bloghello
Posté par
anakin le 01.03.2008
Bonjour
elle est belle votre histoire,il faut te battre pour la réussir
cela en vaut la peine.
c'est super émouvant ce que tu écris
bise