Sortir ? Oui mais où ?
Posté le 31.05.2007 par shenight
Quand on est lesbienne mais q'uon ne connaît absolument pas le millieu, comment faire pour sortir ? Voilà la question qui se pose à Carla et moi depuis que nous vivons ensemble...
Avant, c'était les établissements hétéros. C'est ce à quoi on pensait en premier, surtout pour sortir avec des amis. Au début, ce n'était absolument pas dérangeant : Carla avait tendance à se faire discrète et évitait de trop nous faire remarquer ou alors, nous étions au sein d'un groupe et personne d'extérieur ne venait nous parler. Mais que ce soit par rapport aux amis, aux autres en général, danser ensemble aussi proches qu'on l'aurait voulu n'était pas trop souvent possible. Tout le monde connaît l'attirance de certains mâles pour les lesbiennes ou les critiques qu'ils peuvent émettre, nous n'en avions pas encore été trop 'victimes' mais bon, nous savions à quoi nous attendre.
Il y a quelques jours ou semaines, Carla décide de me sociabiliser un peu et me pousse à organiser une sortie avec mes collègues de travail, toutes au courant de notre relation et n'ayant aucun soucis avec. Direction le Kubalibre, club qui organise des enterrements de vie de jeunes gens mais aussi bar de nuit. En arrivant là-bas, plusieurs enterrements au programme. En attendant les autres qui paient encore le vestiaire, nous nous dirigeons vers la piste. J'avais très envie de profiter de ma soirée et de passer un bon moment avec ma femme. Aussi, je l'ai tout de suite enlacée pour quelques déhanchés collé-serrés. Et là, plusieurs vieux et affreux mâles se mettent à nous regarder d'un oeil lubrique !... Beurk ! Les autres arrivent et nous finissont par les rejoindre. Au final, mes collègues auront eu l'air de s'ennuyer, même celle qui avait décidé de la destination. Quant à Carla et moi, nous passâmes presque tout notre temps à danser ensemble, plus ou moins étroitement.
Le plus 'drôle' fut lorsqu'un des fiancés descendit de l'étage avec toute sa clique et nous souhaita de bientôt connaître les joies du mariage. A ma grande surprise, ce fut ma Belle qui répondit que nous n'y avions pas droit (d'habitude, c'est ma réplique, ça !). Etonnement des deux hommes face à nous, explications, réactions. Le fiancé nous félicite, nous dit qu'il est bien de nous assumer et que si cela fait notre bonheur, pourvu que ça dure. Il fut bien sympathique et ça fait du bien. Son pote ? "Oooooh ! moi, je vous crois pas ! c'est juste pour attirer les mecs ! bah alors ! allez-y ! embrassez-vous !" Pauvre type... Selon lui, nous étions trop jolies pour être vraiment lesbiennes. Selon le futur marié, nous étions mignonnes, voilà tout.
Sinon, un inconnu accoudé au bar près de moi qui nous regardait toujours étrangement et qui, lorsqu'un nain de jardin aux muscles prohéminents est venu faire son strip-tease, me disait de passer devant pour mieux voir. Qui a dit que ça m'intéressait de voir un homme haut comme trois pommes et tombé dans la friteuse se tortiller et se déssaper ?
Après cet épisode, les lieux hétéros n'étaient plus trop de notre goût et puis, au moins par curiosité et dans l'espoir d'avoir la paix, l'idée d'essayer une boîte gaie a fait son chemin. L'occasion s'est présentée le week-end dernier, suite à une invitation d'un des nouveaux contacts internet de Carla, un jeune gai de 20 ans.
Le rendez-vous fut donc fixé samedi dernier aux abords de la Place des Terreaux avec I. et un de ses amis pour nous rendre ensuite au DV1. Aucun de nous ne connaissait vraiment et il nous fallut un peu de temps pour trouver. Il faut dire aussi que l'entrée est très discrète, voire invisible : juste une porte dans un renfoncement, avec DV1 peint en blanc sur le fronton. Seul l'oeil averti peut trouver ! J'étais morte de peur, pleine d'a priori mais finalement, ce fut une agréable soirée. Au début, je m'inquiétais de savoir comment j'allais réagir en voyant des couples gays ou lesbiens. Ca peut sembler idiot mais j'avais peur de rougir ou de montrer une quelconque émotion. Au final, je fus un peu déçue : le club était plus gay friendly que gay. J'ai pu danser à ma guise avec ma femme mais ce ne fut pas sans qu'un crétin ne nous aborde en demandant s'il pouvait se joindre à nous. Il n'était pas méchant mais agacée d'être dérangée là où je pensais pouvoir être tranquille, je lui dis d'aller voir ailleurs si j'y étais. "Vous êtes hétéros, bi, lesb ? Lesb ? - Ca se voit pas ? - Echangistes ? - Non ! - Jalouse ? - Pas prêteuse !!!!" Je crois que j'aurais préféré que le club soit juste gay, je me serais senti mieux. Enfin, malgré tout, ce fut une bonne soirée mais trop de fatigue et d'électro ont eu raison de nous.
A présent, toujours aussi angoissée par ce qui se dit sur le milieu, je préfère dans le fond fréquenter à l'avenir des boîtes exclusivement gays, en espérant ne plus avoir affaire à des mâles à l'esprit tordu...
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