Comment accepter l'inacceptable ?
Posté le 14.01.2008 par shenight
Comment accepter les choses lorsque l'on est issu d'une famille européenne, ouverte d'esprit, et que l'on débarque dans une famille laotienne, bouddhiste en étant la gouine qui débauche la petite dernière ? Tel est mon problème, même maintenant, au bout d'un an et demi...
Au début, il était normal d'être discrètes et de faire en sorte de ne rien laisser paraître mais avec le temps, ma vision des choses a évolué et à force de vivre ensemble, se cacher devient impossible. Quand on appelle quelqu'un 'Chérie' à longueur de temps dans l'intimité, il est dur d'arrêter dès que nous sommes en présence d'une tierce personne. Pareil pour quelques gestes tendres.
Avec le temps, Carla me laissait plus l'approcher, surtout lorsque nous recevions chez nous. Ses frère et soeurs ne disant rien contre nous, contre notre relation ou contre la façon dont nous nous montrions parfois, je pensais que la pilule était passée, je ne me faisais plus aucun soucis les concernant. Mais depuis quelques jours, mes craintes avaient refait surface.
La semaine dernière, j'envoyai un texto à tout le monde pour savoir qui serait disponible cette semaine pour mon anniversaire. Certains répondirent de la même façon, d'autres ne donnèrent pas de réponse et Phine, l'aînée des soeurs de Carla, m'appela directement.
J'ai toujours été très mal à l'aise avec elle, parce que c'est l'aînée, parce qu'elle a su pour nous sans que l'on lui dise, parce qu'il est difficile de lui parler, parce qu'on la voit rarement. Autant dire qu'au téléphone, ce n'était pas mieux. Au début, elle me parla de mon anniversaire puis elle en vint à ma relation avec Carla. Il fut question de leurs parents, qu'il ne fallait pas qu'ils soient au courant, qu'il ne fallait pas leur en vouloir et me montrer compréhensive, puis elle insista sur le fait que c'était notre choix, notre décision, qu'elle n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait préférer les femmes, mais que c'était quand même notre choix et qu'elle l'acceptait, etc... Mais ce n'est pas dans leur éducation, blablabla, mais que c'est notre choix et blablabla... Elle a fini par me demander où j'en étais de mon projet professionnel, si je touchais de l'argent : en clair, est-ce que tu vis ou comptes vivre aux crochets de ma soeur ? J'aurais aimé la rassurer, lui expliquer mais je ne peux pas. A part montrer toute ma bonne volonté pour être indépendante financièrement et aimer sa soeur de toutes mes forces, je ne vois pas ce que je peux faire. Et puis, il y a des réponses que seule Carla doit donner mais elle s'y refuse. Les incompréhensions persistent donc et je ne peux rien faire d'autre que les subir.
J'essayai d'en parler à Carla mais elle semblait ne pas comprendre. Pour elle, c'était normal et sans importance et comme toujours, je me faisais du soucis pour rien.
C'est avec ces premières inquiétudes que nous sommes parties en week-end à Annecy pour les trente ans de Manu, l'un des beaux-frères de Carla. La 1ère nuit, nous nous retrouvâmes à dormir avec les deux enfants présents et Phine... Plus mal à l'aise que jamais et obligée de dormir dans de mauvaises conditions (avec un ado qui ronfle, sans les bras de ma femme, habillée et sur un matelas inconfortable), je commençais à déprimer. Le lendemain, tout le monde alla à la salle de sport. N'ayant pas de tenue adéquate et peu désireuse d'être vue me mouvoir, j'allai avec Coco faire les courses. J'avais envie de parler de ce qui me tracassait mais cela m'était impossible avec elle. La journée se passa avec beaucoup de frustration, à force d'être tenue à distance par ma Chérie. Puis vint la soirée costumée. Une fois les effets de l'alcool passés, je retombais dans la déprime. J'étais assise sur l'accoudoir du canapé, à côté de Carla. Au bout d'un moment, je me laissai glisser sur ses genoux jusqu'à ce qu'arriva Térence, le neuveu de 11 ans. Et là, Carla tenta de me repousser. Je ne l'embrassais pas, je ne la serrai pas dans mes bras pourtant. Ce que je faisais me semblait infime. Et puis, Térence est un grand garçon ou en tout cas, il n'est pas aussi innocent que ce qu'il fait croire à ses parents, oncles et tantes !!!!! Et c'est ainsi que la dispute commença... N'en pouvant plus, je finis même par en parler à Kim (ah ! Que je le regrette !) et Térence et Phine ont certainement tout entendu ! Je ne suis qu'une idiote ! Tout le monde s'est rendu compte de cette dispute sans vraiment en connaître le sujet mais ça va certainement jaser encore...
Depuis hier soir, je culpabilise beaucoup et quand tout à l'heure sur le net, Thane, la mère de Térence, m'a demandé comment s'était passé le week-end, j'ai fini par lui demander si ça la dérangeait que son fils me voit un peu plus proche de sa tante que si nous n'étions qu'amies. Et voici la réponse que j'obtins : « Ben je sais pas... ça me gêne peut être un peu... mais je sais pas si ça me gene parce que ça me gene ou si ça me gene vis à vis de mes parents et des explications à fournir... Je me suis pas posé la question. »
A présent, je ne sais pas comment je dois le prendre, je suis perdue. Je me rends compte qu'en fait, personne ne digère vraiment notre relation et ne sait comment agir par rapport à ça. Demain, j'aurai 23 ans, ma femme me fera un cadeau et parce que les enfants, leurs parents à l'esprit trop étroit et Kim seront là, je ne pourrai pas l'embrasser, pas même en cachant nos lèvres unies entre nos mains. Vu comme tout ça m'énerve, j'ai méchament envie de bien mettre les pieds dans le plat en l'embrassant devant tout le monde mais je sais qu'elle me repousserait si fort que ce serait trop douloureux et humiliant. Je ne devrais pas mais je leur en veux tellement !!! Ca me semble si normal, si naturel d'aimer cette délicieuse jeune femme alors pourquoi est-ce que ces ... en font un secret honteux et pénible ? Je sais maintenant pourquoi je ne voulais fêter mon anniversaire : parce que je ne peux pas être moi-même avec eux !
Maintenant, je voudrais tout annuler, leur dire d'aller se faire voir mais je ne peux pas. Et parce que je ne peux parler à personne de tout ça, je me défoule encore sur ce blog. Ma famille ? Je ne peux pas : ma mère ne veux pas savoir et m'enfoncerait. Mes amis ? Mushu est trop loin et je n'ai personne ici. Les seules personnes que je cotoie sont la source de mon problème. Il n'y a donc personne, personne et PERSONNE ! Et tout à l'heure, il faudra aller les voir, leur sourire, et non, tout va bien, voyons !
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ça faisait longtemps
Posté par
Perf le 14.01.2008
salut
Bon je comprend tout à fait ta frustration, bien que je ne l'aie jamais vécue. Je ne pense pas que tu devrais l'embrasser de force en public, car tu la mettrais trop mal à l'aise. Cependant il faut que tu lui en parles, lui en reparles, encore et encore, car ça ne va pas durer ainsi indéfiniment.De même pour la famille, rien qu'avec les frères et soeurs il faut que le sujet revienne, non pas "est-ce que vous nous acceptez comme ça?", mais plutot "salut c'est nous et on est comme ça et j'assume pleinement".
Sur ce coup, je crois que Carla à beaucoup à faire, et je ne suis pas sûr qu'elle s'assume pleinement.
Cela étant, as-tu déjà pris contact avec des association lesbiennes et homo? Je n'aime pas ce communautarisme exacerbé, mais tu pourras au moins rencontrer des gens qui accetent ça sans problème! Et puis ils auront déjà vécu ce que tu vis et pourront peut être t'aider mieux que moi (mais j'en doute un peu parce que je suis trop fort!).
Et puis il faut te faire des potes!!! Au moins tu seras pas obligée de passer ton anniversaire avec des gens que t'aimes pas.
Sinon, pourquoi t'as peur d'être vue en train de te mouvoir? Tu n'as pas de problème physique à ce que je sache? Alors assume toi. T'en à rien à faire des autres.
Bref, à donf on continue la lutte.
No pasaran!
Aller courage et à bientôt.
clash of educations
Posté par
Spooky le 27.05.2008
Ma copine vient d'une famille où l'on parle franchement, où on dit les choses. Ma famille disons pour faire simple afro-asiatique n'est pas du tout comme cela. Evidemment je suis la fille élevée par ces parents-là (et je suis contente comme ça) mais avec ma copine, il faut encore parfois (après 3ans de relation) que je sois plus spontanée. Les gestes, les questions posées mais non prononcées... Petit à petit, nous trouvons notre équilibre et même si ma famille (à qui je suis très attachée) ne donne aucun signe d'homophobie flagrante mais aucun signe de tolérance non plus...
Parfois ma copine en a marre et me dit que je devrais vivre ma vie. Mais je ne veux pas brusquer ma famille proche... C'est pour moi très particulier.. Etant fière de qui je suis, de notre histoire, de mon histoire avec cette jeune femme... je ne veux rien gacher.
Et tu vois, au bout de 3ans, à la fin de mes "études"...à la veille d'un départ à l'étranger,peut être l'expatriation (alors que ma copine va entrer dans la fonction publique française...elle voulait être libraire d'ailleurs ;) )...tout ça fait qu'on réfléchit longtemps et quand on le sens, on agit avec confiance.
Et rien ne gâche ce moment car il est spontané mais réfléchi à la fois.