Mon frère, ce salaud
Posté le 04.06.2008 par shenight
Aujourd’hui, le 4 juin 2008, mon frère Karl fête ses 25 ans, et je viens de passer ma journée clouée au lit par une terrible migraine.
Je ne lui ai pas souhaité son anniversaire et ne compte pas le faire. J’ai beau l’aimer, il est allé trop loin depuis quelques temps pour que j’ai la moindre envie de le lui montrer encore.
Le 6 janvier, à peine dix jours avant mon anniversaire, il a complètement disjoncté… Ma mère avait bien vu qu’il n’allait pas fort ce jour-là : très exubérant, il semblait vouloir prouver que tout allait bien, riant et parlant fort, enjoué plus qu’il ne fallait. Mais Karl ne parle pas lorsque ça va mal et continuait de soutenir que tout allait bien. Le soir, il sortit avec ses deux meilleurs amis et une bande de vieilles tantes dégénérées. (Je sais que ces propos peuvent être insultants mais ils ne sont dirigés que vers les lâches qui ont laissé tomber mon frère, caricature absolue du gay de plus de 40 ans…) La soirée se passe et voilà qu’en pleine nuit, le fixe de ma mère retentit : c’est Jérôme, un ami très proche de mon frère qui lui dit de venir immédiatement à l’hôpital car « Karl s’est tranché la gorge !!! » Aux urgences, ma mère retrouve les deux meilleurs amis et Bruno, celui que je critique entre autres plus haut, est bien sûr absent, trop occupé à finir sa nuit de folie ! Et là, Steven raconte ce qui s’est passé.
Ivre, comme lors de nombre de ses soirées en boîte, et laissé seul momentanément, Karl a pris une bouteille, l’a cassée et a cherché à se trancher la gorge avec son tesson. Fou de rage et décidé sans doute à en finir, rien ni personne ne parvenait à le faire arrêter. Il se vidait de son sang, s’ouvrant la gorge à plusieurs endroits et même son visage fut touché… Il fallut dix hommes pour le désarmer ! Eh oui ! mon frère a vraiment une force de cheval…
A l’hôpital, ma mère m’a dit qu’il y avait du sang partout, qu’il avait vraiment failli y passer. Elle récupéra ses affaires pour les faires tremper à la maison et dans la baignoire, on aurait cru qu’il n’y avait que du sang. Il y avait tant de sang que des caillots bouchaient l’évacuation ! Ma sœur Louise a vu tout ça, et elle, tout comme notre mère ne s’en remette pas. Pour ma part, je n’ai appris tout ça que lors de mon retour en Bretagne pour le 8 mai. Mon frère ne voulait pas que ça se sache et ma mère avait peur des conséquences que ça aurait sur moi. Elle sait que Karl est le seul homme qui compte encore dans ma vie et elle craignait qu’il ne me rejette. Bah oui ! il n’a besoin de personne, lui, et surtout pas de moi, sa petite sœur trop collante ! Mes mots ne me semblent pas assez retranscrire toute l’horreur et toute la violence de cette soirée…
Plusieurs litres de sang transfusés et 39 points de sutures après, Karl était remis sur pied. En à peine deux jours, il était de nouveau en pleine forme ! Lorsqu’il prit le temps de réfléchir à ce qu’il avait fait, il expliqua à notre mère que, sous l’emprise de l’alcool, c’était l’enfant qu’il était et qui sommeille encore en lui qui s’était révolté contre l’adulte immonde qu’il est devenu. Mon frère était un jeune homme sensible, romantique, aimant, honnête. Amoureux de 15 ans, il m’avait emmenée de nuit sous les fenêtres de la fille qu’il aimait en secret. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un pique-assiette fêtard et cavaleur, trop attaché aux apparences et à l’argent…
Il faut dire aussi que depuis qu’il vit chez notre mère, depuis 1998, tout a été fait pour qu’il retrouve confiance en lui. Aîné et seul garçon de la fratrie, on l’a toujours valorisé. Moi et mes sœurs l’admirions, les petites l’admirent encore… Peut-être est-ce à cause de cela qu’il a pris la grosse tête. Et puis, au départ de mon beau-père, il est devenu l’homme de la maison et s’est presque autoproclamé chef de famille. Bien sûr, personne ne lui reconnaît ce rôle mais il est vrai qu’il a beaucoup d’autorité sur mes deux plus jeunes sœurs… Quoiqu’il se passât, ma mère l’accueillit toujours à la maison, malgré tout ce qu’il nous faisait endurer, même malgré ce qu’il dit à Noël 2002 : que sa famille faisait partie du passé, que nous étions une page à tourner et que nous avions fait notre temps.
Et voilà qu’un matin, il pette de nouveau les plombs ! Il voulait prendre la TV qui était dans la chambre de ma sœur alors qu’elle dormait et voulait la réveiller brutalement, juste pour satisfaire son caprice. Louise va aussi très mal depuis plusieurs mois, et ma mère voulait qu’on la laisse tranquille. Karl s’est emporté, a dit en plus de diverses horreurs qu’il était chez lui ! Et là, Maman lui a enfin dit que non, que c’était chez elle et en gros, qu’il n’avait qu’à prendre la porte ! Chantage au suicide, enfermement dans la salle de bain, il aura tout fait ! Et en partant, il laissa tous les cadeaux que Mum lui avait faits au cours de ses dernières années et bien en vue sur le lit, les pansements et compresses nécessaires pour soigner ses plaies… Du sadisme à l’état pur…
En plus de ça, son attitude lors de mon séjour en Bretagne me dégoûta bien aussi. Un heureux hasard faisait que j’avais l’occasion de le revoir et je m’en réjouissais d’avance. Je ne fis d’abord que le croiser, à peine bonjour. Et puis un soir, j’insistai pour passer du temps avec lui : il n’avait rien de prévu ce soir-là et je voulais que nous allions boire un verre en ville. J’invitai aussi ma sœur Louise. Première chose désagréable : il veut qu’Anjela vienne avec nous pour être sûr de rentrer tôt, genre ‘ça fait trop chier de sortir’. Finalement, il décide d’aller en boîte avec ses potes après mais si Anjela vient, ma mère veut à tout prix qu’il nous raccompagne à la maison. Et voilà qu’il refuse, s’énerve, mais cède tout de même. Il fit ensuite tout son possible pour nous ramener le plus vite possible, demandant l’addition alors que Louise n’avait pas fini son verre, la forçant à tout avaler cul sec puis nous faisant rentrer presque au pas de course… Au final, je passai la soirée les larmes aux yeux, trop malheureuse de cette distance entre nous. J’étais incapable de lui parler vraiment. La veille de mon départ, je voulais une dernière photo de lui : il détourna la tête, agacé. Et pour lui dire au revoir, je le pris dans mes bras : aucun retour, juste un corps embarrassé par tant de proximité et d’effusions… Lors de ce séjour, je m’étais promis de faire tout ce dont j’avais envie, de ne pas attendre qu’il fasse le premier pas mais au final, tout fut décevant. Il ne voulait pas de moi et je n’eu qu’un mur, qu’un glaçon insensible à serrer dans mes bras. J’avais déjà tant de rancœur envers lui… Maintenant, c’est bien pire, ça fait encore plus mal. Je sais que ce n’est pas de ma faute, que mes efforts sont vains, qu’il ne veut pas de mon affection. J’ai encore plus envie de lui faire mal, de le frapper !!!
Ainsi, lui souhaiter un bon anniversaire aujourd’hui n’aurait servi à rien, c’eut été hypocrite… Mais c’est moi qui souffre. J’ai passé la journée dans le noir, seule, séchant ainsi les cours pour la première fois. Sans manger ni boire, sans me lever, sans rien. Mon absence a même été remarquée par ma prof ce matin… Mais je ne pouvais pas, je n’avais pas la force. Mes maux de tête m’ont tenue ainsi au lit jusqu’au retour de Carla ce soir. Seuls sa présence et son amour me remirent sur pied, preuve de l’importance qu’elle a maintenant dans ma vie.
Ces mots de têtes anormaux qui me rongent depuis plusieurs mois, résistant à tous les antalgiques courants, me semblent psychosomatiques, comme si mon corps voulait me montrer que quelque chose ne va pas dans ma tête… Il faut vraiment que je trouve un psy ! Et demain, heureusement, je n’ai pas vraiment cours : on visite une librairie le matin et le reste de la journée sera libre. Mais comme j’ai pas mal de travail, il serait bien de mettre ce temps à profit pour rattraper le retard pris aujourd’hui et bosser mon étude de marché.
J’ai envie d’appeler ma mère pour lui dire que ça ne va pas mais je sais que si je le fais, c’est elle qu’il faudra soutenir… Et puis, lui raconter mes états d’âme ne fera que l’enfoncer… Je ne téléphonerai donc pas, me consolant avec ma Chérie et les superbes chaussures en satin à 50€ que je me suis offertes hier lors d’un gros coup de cafard ! Bonne soirée…
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:: Les commentaires des internautes
Salut
Posté par
Perf le 09.06.2008
C'est très difficile ce qui arrive à ton frère. Je pense personnellement qu'il faut réussir à l'amener chez un psy, car ses problèmes vous dépassent largement.
Comme d'habitude, tu es extrèmement sensible et tu prends à ton compte tous les problèmes! C'est ce qui fait que tu es touchante, mais n'oublis pas de te protéger, parfois il faut un peu se "blinder" pour pas se faire mal. Carla t'aidera, j'en suis sûr!
Ne sacrifie pas tes études pour autant, tu attends cette formation depuis trop longtemps, et de toute façon tu n'aiderais personne ainsi (voire même l'inverse).
Tu as eu raison de te faire plaisir avec ces chaussures, c'est l'occasion. Les petits plaisirs ne résolvent en aucun cas nos réels problèmes, mais s'ils aident à passer une journée ou deux, c'est déjà beaucoup.
J'espère que ça va mieux pour toi.
N'hésite pas à écrire plus souvent!
A bientôt.
bonjour
Posté par
rimesoudeprime le 10.07.2008
petite visite.
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