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shenight Description du blog :
22 ans, 1ère relation lesbienne, paumée et dévorée d'interrogations sur ce qui m'attend, etc... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
15.05.2007 Dernière mise à jour :
10.06.2008
Alors tout d'abord, c'est bien aimable au jeune homme qui m'a dernièrement laissé un message de s'intéresser à moi mais, comme il l'est écrit un peu partout sur ce blog, je suis en ménage avec ma femme et il est hors de question de la quitter.
Voilà, maintenant, je vais pouvoir parler de ces derniers jours. Entre mon OPC, la danse et Kim, j'ai encore des choses à écrire. Allez, commençons ! Je n'ai que deux heures devant moi avant le retour de ma Douce alors pressons !
D'abord, le plus important : mon OPC, Objectif Projet Collectif. C'est ce fameux programme que je devais dernièrement entamer sur le conseil de l'ANPE. C'était mardi, à 9h. Difficile de se lever si tôt après plusieurs semaines passées à me coucher à 4h du matin ! Enfin, on prend son courage à deux mains et on y va ! Comme toujours, j'étais trop en avance, donc je commençai ma journée avec une bonne vingtaine de minutes de stress dans le couloir. Une fois tout le monde installé (huit personnes), nos deux conseillères passèrent un bon moment à nous réexpliquer en quoi consistait l'OPC. Puis, le 1er exercice : nous sommes tous répartis en binômes et il faut présenter son 'partenaire' au groupe après un petit entretien. Angoisse, sueurs froides, les larmes commencent à monter, la gorge se serre. Je me retrouve alors avec une très gentille Kabylle de 39 ans. J'étais bien intimidée et n'osais lui poser de questions, ne faisant que lui retourner les siennes... Et histoire de faire monter la pression, je passe la dernière ! Deuxième exercice : le blason. On nous distribua une feuille avec un tableau ressemblant à un blason. Il fallait dessiner trois symboles, citer une chose dont nous étions fiers; trois savoir-faire, trois domaines que l'on voudrait explorer ou approfondir, trois projets et écrire une devise de notre cru... De bonne heure, mal réveillée, le bilan fut assez pénible et peu brillant. Et pour courroner le tout, je devais passer la première pour expliquer chacune de mes réponses... Voilà, en gros, tout ce que l'on fit de la journée. Le reste ne fut qu'explication et réexplication de la méthode employée pour nous faire avancer dans notre projet. Il fallut aussi exposer de nouveaux nos attentes et nos objectifs. Le lendemain après-midi, je devais y retourner mais quelques soucis de santé me tinrent au lit...
Ca n'a peut-être l'air de rien mais passer ainsi une journée à ne penser qu'à soit, à ce que l'on aime, à ce que l'on attend de la vie, ça aide. Ca fait avancer, progresser la réflexion déjà entamée seul. Je ne sais trop comment se déroulera la suite mais j'ai bon espoir, je crois sincèrement que cela m'aidera à y voir clair.
Lundi, c'était mon 3ème cours de danse. Ma belle-soeur n'était plus là mais finalement, je crois que ça m'a fait du bien de me retrouver seule, livrée à moi-même au sein du groupe. Je sais que j'ai tendance à être plus vulnérable ou à céder plus facilement lorsque quelqu'un est là pour me soutenir. Une fois seule, je n'ai plus d'autre choix que de m'accrocher. Cette fois-ci donc, point de larmes, juste des bras qui retombent d'agacement ! Il fallut refaire les mêmes exercices qu'auparavant, repasser devant la prof, affronter son regard, et on avance, et accent ! (L'accent, c'est ce bref coup de bassin sur le côté qui fait bloblotter la graisse !...) Ce cours fut donc très positif, enfin sur le plan personnel. Pour ce qui est de la danse, je ne suis pas très sûre de moi, mais j'étais si contente d'avoir tenu le coup, d'avoir fait de mon mieux jusqu'à la fin sans me dégonfler, que ça compensait bien mes hésitations et erreurs. Et puis, je ne suis pas la plus nulle, je ne suis pas la seule à être agacée par sa propre maladresse. :-)
Enfin, revoici Kim qui fait son retour en force. J'imagine déjà les commentaires de Perf à ce sujet lol ! Déjà, dimanche dernier, il nous proposa d'aller se faire un KFC. Le 1er vient d'ouvrir à Lyon et Carla avait très envie d'y aller, donc dimanche soir, ce fut poulet à trois ! Une file interminable : 30min d'attente au moins... Tout se passa bien, sans incident. Le mercredi, Carla et Kim devaient aller donner leur plasma ensemble mais comme Carla s'est faite tatouée depuis peu, ce fut impossible pour elle. Le soir, elle allait aux percus brésiliennes et, ayant décliner une invitation de Kim pour aller goûter ses crêpes chez lui, il s'invita à la maison. Je passai donc quelques heures avec lui. Nous allâmes d'abord faire des courses pour le dîner et comme je m'étais permis quelques caprices, je voulus le rembourser par la suite. Nous attendions Carla dans la voiture et je tentai de lui donner de force un billet de 5 euros. Il me le rendit plusieurs fois et pour avoir la paix, il le glissa dans la bretelle de mon débardeur ! Sur le coup, j'étais mal à l'aise mais ça me fit tout de même rire... Juste avant, il m'avait dit qu'il tentait encore de convaincre Carla qu'il n'avait que de l'amitié pour moi !... Lorsque je parlai de l'incident à Carla, Kim faillit se prendre son portable dans la tête. S'en suivit alors une conversation entre elle et moi... Toute la nuit, je repensai à tout ça, honteuse de ce qui s'était passée, malheureuse d'avoir fait de la peine à ma Chérie. Non pas que je regrettais de lui avoir dit ce qui s'était passé mais de ne pas avoir mieux su gérer la situation, de n'avoir par remis Kim à sa place... Au cours de cette soirée, un autre incident m'avait attristée. En voulant voir son permis de conduire alors qu'il prenait de l'essence, j'ouvris le porte-feuille de Kim, découvrant ainsi plus d'une dizaine de photos de Carla, à tous les âges. Des photos qu'elle ne veut pas que je vois, certaines qu'elle a déchirées sous mes yeux... Un peu de jalousie se fit sentir mais surtout un flot de tristesse. Je sais bien peu de choses de l'enfance de Carla, j'ai dû voir une ou deux photos d'elle enfant, alors penser que lui la connaît bien mieux que moi, qu'il est encore des choses qu'il a de plus que moi !... C'est ce genre de broutille qui me fait tirer un malin plaisir de l'étalage de mes privilèges auprès de Kim. Et hier, en fin de journée, alors que Carla venait de rentrer du travail, que je n'étais vêtue que d'un caleçon, on sonna à la porte. Carla était occupée et m'envoya ouvrir la porte. J'enfilai alors un sweat et qui découvrai-je à la porte ? Kim... Trop étonnée de le trouver là, je l'invitai à entrer et allai m'habiller. Je me retrouvais près de deux ans en arrière, lorsque je vivais avec mon conjoint à Rennes. Le seul ami que j'avais à l'époque voulait sortir avec moi et se pointait à n'importe quelle heure. Mon compagnon le laissait entrer, quelle que soit ma tenue, même lorsque j'étais encore nue sous la couette...
Ce soir encore, j'aurais pu voir Kim, il le voulait, Carla m'y a quasiment insitée en partant mais non. La situation est trop confuse, trop étrange, trop. Je sais que je devrais le prendre entre quatre z'yeux et mettre les choses au clair, fixer des limites une bonne fois pour toutes, mais je n'en ai pas le cran. Je me contente de ne plus le voir pendant quelques semaines ou tant qu'il ne fait rien pour... Ce n'est pas une solution, je le sais. Ca ne fait qu'emplifier les craintes de ma Douce et peut-être accroître les libertés qu'il s'accorde avec moi...
A part ça, mes envie de grossesse me reprennent. Je ne vois que ça à la TV ! Je ne sais combien de fois dans la semaine, je tombe sur des programme traitant de la grossesse, de l'accouchement, de la transmission de la toxoplasmose aux femmes enceintes. Les enfants m'attendrissent encore plus et c'est un réel plaisir que de faire la folle avec les deux petites nièces de Carla. J'avoue que s'il n'y avait pas ma mère à me répéter qu'elle ne veut pas me voir suivre la même voie qu'elle (mariée et mère à 22 ans, c'est-à-dire mon âge), je ne cesserais d'insister auprès de ma Douce pour faire un tour en Belgique !... Même Kim a fini par comprendre que je veux un bébé... A force de parler de ça à Carla, je crains de lui faire peur et qu'elle repousse toujours un peu plus le moment d'y songer sérieusement. J'essaie de ne pas lui en parler mais je n'y arrive pas, toujours une petite allusion qui traîne. Je suis fooooooolle !
Enfin, j'ai récemment écrit à ma mère. Comme elle est partie en week-end avec son amant, elle ne me répondra pas tout de suite mais j'appréhende encore ce qu'elle m'écrira. Je sais que quoiqu'elle dise, ça me déprimera. Je me suis encore effondrée en lisant son dernier mail. Régulièrement, je rêve d'elle, je rêve que je lui présente Carla et qu'elle réalise enfin à quel point je suis heureuse et amoureuse. Mais ce ne sont que des rêves... Dans la réalité, je rejette absolument l'idée de mettre ma Chérie en présence de ma famille. Je sais trop à quel point ils peuvent être hypocrites et j'entends déjà les critiques par derrière. Ca m'a fait trop mal avec mon précédent conjoint... Je n'avais pas vu ses mensonges à lui, je n'avais pas vu leur malaise, ce fut trop douloureux de le défendre. Carla et lui n'ont rien à voir mais, suite aux embrouilles avec ma famille depuis un an, l'empressement que je ressentais à vouloir présenter Carla à ma famille s'est évanoui... Je regrette tant tout ce qui s'est passé !... Pauvre chère Carla... Ma mère a tellement critiqué mes choix, j'ai trop mal compris, je n'arrive plus à faire machine arrière. Elle semblait détester Carla, l'impression m'en est restée. A présent, je me demande encore si je retournerai dans ma famille avec ou sans Carla pour les fêtes et mon anniversaire. J'ai envie de passer Noël à Saint Malo, manger la bûche familiale, ne pas quitter Carla une seule seconde mais aurais-je le droit de la présenter à mes grands-parents qui ne sont au courant de rien ? Aurais-je le droit de m'afficher devant mes soeurs ? Carla fait-elle vraiment partie du « paysage familial » comme me l'a écrit ma mère ? J'ai peur de retourner là-bas sans elle, peur de les affronter de nouveau, seule.
Je m'arrêterai là, ça fait trop mal de penser à tout ça.
Et voilà ! Je retombe doucement dans une phase de morosité... Les jours s'assombrissent, je n'arrive plus à me réveiller avant 13h, j'ai le cafard toute la journée ou presque. Même écrire sur ce blog me devient presque difficile. Bon, là, il y a aussi le fait que je ne peux plus trop écrire aux heures que je préfère : en journée, je suis trop apathique et lorsque je retrouve mon énergie, c'est-à-dire la nuit, je n'ose plus quitter le lit pour veiller sur Carla. Tous les soirs, c'est la même chose : elle tourne et se retourne, me cherche toujours, prenant ainsi toute la place à force de se coller à moi, et grince des dents. Je reste donc jusqu'à 4h à regarder toute sorte de documentaires, je ne loupe aucune reddif' (envoyé spécial, capital, zone interdite, plus belle la vie – ouais ! c'est une série qui vole pas bien haut), sans parler de toutes les séries policières de TF1, etc... J'essaie de me remettre à lire, j'ai encore plein de bouquins non lus dans les étagères, mais comme je ne peux pas laisser la lumière allumée pour que ma Chérie puisse dormir, il m'est impossible de lire. Quand je dors enfin, les mauvais rêves m'assaillent. Même si comme toujours, je ne me souviens quasiment de rien, persiste toujours en ma mémoire le souvenir de meurtre, de sang, de m'être retrouvée à demi nue. Mes angoisses qui s'étaient pourtant calmées me reviennent : peur du noir, peur de l'entrée de la maison où j'ai toujours peur de voir quelqu'un apparaître, peur lorsque je suis seule dans l'appartement, même en journée. Bon, ce n'est pas aussi catastrophique que ça, ce n'est pas vraiment une peur mais juste un sentiment presque imperceptible, comme une idée qui vous traverse l'esprit en un dixième de seconde. J'ai beau savoir que c'est stupide, j'allume souvent la lumière lorsque je vais dans cette partie du studio, juste pour dissiper les ténèbres.
Avec ma Douce, les choses vont mieux, que ce soit au lit ou dans la vie. Il faut dire aussi qu'on ne se voit plus beaucoup : lundi soir, danse pour moi ; mercredi, percu brésilienne pour elle ; jeudi, volley pour elle ; vendredi, répétition avec son groupe. Voilà le programme de nos semaines ! Le mardi, elle a décidé de ne le consacrer qu'à moi, à nous. Sinon, le week-end est à moi et aux autres, c'est selon. Même si ces arrangements ne me dérangent pas vraiment, ça change de cet été où tout son temps m'appartenait. Avant, il arrivait qu'elle puisse rester éveillée jusqu'à 1 ou 2h du matin ; à présent, c'est un miracle si elle atteint minuit. Ce n'est pas grave, il faut juste que je m'habitue à cette nouvelle situation. Mais j'avoue que dans un petit coin de ma tête persiste le souvenir de Kim et elle : ils ne faisaient que se croiser, entre le volley pour elle et le kung-fu pour lui, ils ne se voyaient que pour le dîner. Aujourd'hui jeudi, c'est la journée où je passe le plus de temps seule. Elle finira le travail à 18h30, sera à la maison vers près de 19h et devra être au volley pour 20h. A son retour, nous dînerons et elle se couchera. Peut-être qu'à ce moment-là, je me remettrai au PC mais j'en doute. Pour veiller sur elle mais aussi par respect, il vaut mieux que j'arrête. Il y a environ un an et demi, c'est moi qui étais au lit et mon compagnon de l'époque qui restait sur le net jusqu'à pas d'heure. J'étais vraiment malheureuse qu'il passe tant de temps à parler à ses pseudo amis ou à des inconnus plutôt que de s'occuper de moi qui me languissais dans le lit froid... Je me sentais vraiment seule et délaissée, et je ne veux pas que Carla ait à subir ça. En tout cas, je ne saurais vraiment dire pourquoi mais je m'inquiète pour elle. Si jamais elle allait mal, je sais qu'elle ne me dirait rien jusqu'au jour où une toute petite broutille la ferait fondre en larmes...
Je voudrais parler de mon cours de danse de lundi, de la crise de larmes qui s'y est produite, mais je suis si lasse aujourd'hui. Je suis assise face aux fenêtres du studio et je vois les arbres de la rue. L'automne est bel et bien là, les feuilles roussissent peu à peu sous ce triste ciel gris. Bientôt, le feuillage touffu fera place à de tristes branches et aux immeubles affreux de l'autre côté du boulevard... La seule verdure qui me restera sera mon pauvre bambou amputé sur le bord de la fenêtre. Le pauvre, il en a vu de toutes les couleurs ! C'est Carla qui me l'avait fait livrer au magasin pour la Saint Valentin, avec une belle rose rouge prise dans la spirale. Comme nous n'ouvrions jamais les volets de notre chambre de l'époque, il a commencé à dépérir et j'ai du lui couper une bonne vingtaine de centimètres. Maintenant, il a autant de lumière qu'il lui faut et je veille dessus jour après jour, vérifiant la bonne croissance de ses pousses. Lol ! Je suis comme ses petites grand-mères qui n'ont d'autres soucis que leurs plantes et leurs bêtes. La différence, c'est que chez moi, ce ne sont pas des géraniums et des chats mais u bambou et des rats ! Ça, c'est pathétique ! Un affreux crachin pleut au dehors. Décidément, je n'irai pas rendre ce tailleur à H&M, pas aujourd'hui !
C'est étrange, j'ai envie d'écrire mais je n'arrive pas à trouver par où commencer. Je ne sais pas trop quel est le fil conducteur de ce post...
Allez, commençons par samedi. Le week-end s'annonçait pas terrible : Carla avait tout son samedi ou presque de pris et ce n'était pas par moi. Durant la semaine, je lui avais fait part de mon envie de prendre l'air, de quitter un peu la ville dès que possible pour passer un peu de temps loin du stress et des habitudes de la semaine. Mais voilà, sans m'en parler, elle décida d'aller au match de son ancienne équipe de volley et se faire une session de djembé sur les berges avec Yves, un homme rencontré sur le net. Bien sûr, il était prévu que je l'accompagne. De plus, elle était invitée à dîner le soir même par son ami Cyrille (avec lequel je suis assez brouillée). C'était donc un samedi qui ne m'enchantait guère... Le dimanche quant à lui promettait juste une journée à la maison, situation favorable aux prises de bec ces temps-ci.
Finalement, je ne l'accompagnai pas sur les berges, traînant au lit tout l'après-midi, mais finis tout de même par aller au volley. J'étais de mauvaise humeur, ou plutôt, irritable : je m'étais apperçue qu'elle écoutait peu les réponses que je donnais à ses questions ou bien qu'elle ne m'écoutait carrément pas parfois... Le match se passa, nous revîmes Coco avec son petit ventre tendu. La veille, elle nous avait montré les photos de ses échographies, toute fière de nous dire que son petit faisait à présent 6/7cm. Elle était vraiment touchante et attendrissante mais, dieu ! que je suis jalouse ! lol Après, vint l'heure du dîner. Je retrouvai Kim en ville, histoire de ne pas passer la soirée seule tandis qu'elle allait retrouver Cyrille. De mon côté, la soirée se passa à merveille. Malgré mon peu de connaissance de Lyon, je réussis à retrouver la crêperie que je voulais. De vraies bonnes crêpes et galettes, comme chez moi, avec de la musique bretonne et du cidre ! Auparavant, j'aurais dit que c'est un truc à touristes mais ça fait du bien à présent, loin de Saint Malo et Rennes !... Kim me raconta le Bol d'Or, me parla de sa famille et me demanda comment ça se passait pour moi avec le boulot, ma mère, et riait de me voir inquiète à propos de Carla. Cyrille en fait toujours trop et je craignais qu'il fasse encore des folies pour MA Femme, ça n'aurait pas été la première fois : il lui a toujours payé des trucs hors de prix !... Enfin, tout se passa à merveille et le repas fut excellent. En sortant, nous nous étions promis de retrouver Carla et Cyril. Coup de fil, ma belle me racccroche au nez lorsque je ris de l'attitude de Kim. Ca commençait mal ! Finalement, nous retrouvâmes Jim, le frère de Carla, Loulou, leur cousin ainsi que ma Douce et son ami, direction la Bagat'elles pour une shisha et un bon coktail melon-pastèque. Vautrés dans les coussins, je me trouvais à côté de ma Chérie, collée à elle. Je crois que je ne la désire jamais plus que lorsqu'elle est tant 'inaccessible', au sein d'un groupe. C'est lorsque je ne peux plus l'approcher à ma guise que je rouvre les yeux sur sa beauté et que ses quelques gestes de tendresse me touchent autant... Même un simple baiser sur la joue, effleurer sa main... Pour le lendemain, il fut prévu que nous passerions la journée à Chamonix avec Kim et Purdey, la soeur de la belle-soeur de Carla. En rentrant, il se faisait tard et comme nous devions nous lever tôt, nous fûmes vite au lit. Et là, Carla me posa une question : est-ce que ça me dérangerait si elle fumait occasionnellement ? C'était tout à fait hors de question ! Pourquoi commencer à l'heure où l'on voit partout des campagnes anti-tabac et des gens qui luttent pour se défaire de cette addiction ? Elle savait très bien ce que j'en dirais mais voilà, elle n'avait pas attendu mon accord pour s'y mettre : dès le début de la semaine, elle s'était acheté du tabac et ce n'est que ce dimanche, vers 2h du matin que j'étais mise au courant, après Cyrile avec qui elle ne s'était pas gênée pour s'en allumer une !!!! Jalouse et incapable de la comprendre, je décidai de la laisser faire, sachant qu'elle ne ferait sans doute aucun cas de mon avis. Elle avait commencé alors que nous avions parlé de ça quelques mois auparavant et qu'elle savait mon désaccord. Je lui demandai tout de même de ne jamais fumer en ma présence ni à la maison.
Après seulement 2h de sommeil pour moi, il fallut se lever. Finalement, Loulou se joignait à notre petite excursion. Nous récupérâmes tout le monde, un croissant pour la route et hop ! tous en voiture pour Chamonix où un beau soleil nous attendait. En arrivant, nous commençâmes par un pique-nique à la cascade du Dard. C'était vraiment beau et ç'aurait pu être romantique s'il n'y avait eu que Carla et moi lol. Tout se passait bien, l'ambiance était bon enfant jusqu'à de qu'une maladresse ne survienne : Loulou m'envoya un noyau de nectarine d'un coup de pied en plein dans le front ! C'était bien sûr un accident mais AÏEEEEE ! Installés dans les rochers, pas très loin de l'eau, le pique-nique prit bientôt fin pour descendre en ville. Carla m'avait déjà demandé à deux reprises de fumer une cigarette avec Purdey mais je ne cédai pas, pour le moment... Pour se faire pardonner, Loulou m'offrit des bonbons : un grand serpent, le genre que les parents ne veulent jamais vous payer quand on est petit. En sortant, d'un boutique de T-shirt touristiques, Carla me demanda encore de fumer. Et cette fois, je rendis les armes... Nous étions assises sur le bord d'un trottoir et elle m'embrassa, en pleine rue, en plein jour. Je crois même que Kim était assis à côté de moi. C'était inouï ! Elle dit que je sais la manipuler mais moi, je n'ai qu'à me tortiller devant elle pour la faire céder, ça me semble plus innocent que ce qu'elle me fait : elle me prend toujours par les sentiments, elle sait quand m'accorder ses baisers pour obtenir ce qu'elle veut ! Ce baiser avait le goût du passé, le goût de mes premiers baisers, le goût de l'adolescence... C'était très étrange et même temps, si excitant ! Et elle était si sexy avec sa roulée à la bouche et son air victorieux ! Ensuite, j'eus encore droit à plusieurs baisers, devant tout le monde ! J'en était toute effarée, voire même gênée lorsqu'elle me demanda de lui donner son réglisse avec les lèvres lol. J'étais aux anges !!!! Après tout ça, peu importait le reste de la journée. Bon, en fait, le reste fut assez ennuyeux : un combat de vachettes dont l'une qui finit en sang (pauvre bête... elle faisait peine à voir et ces c... d'éleveurs qui laissaient se poursuivre l'affrontement !) et beaucoup d'attente pour rien. Avant de rentrer, Carla, Kim et moi allâmes manger un dernier morceau. Dès que Kim s'éloigna, encore un baiser devant la fontaine ! Peut-être nous a-t-il vues mais dans mon euphorie, je me fichais éperdumment qu'il nous voit ou pas, d'appeler Carla par son nom plutôt que Chérie ou mon Amour. Et pour le retour, dans la voiture, ce fut Purdey qui nous surprit lol.
Une fois à la maison, la fatigue était trop grande : nous nous effondrâmes en un rien de temps. Et c'est ainsi que finit notre petit week-end : avec moult baisers !!!! A présent, j'ai hâte que Carla rentre pour la prendre de nouveau dans mes bras, avant de la laisser pour aller à la danse.
Depuis que ma mère, cette emmerdeuse, a émis des doutes concernant mon amour pour Carla, je ne sais plus où j'en suis. Là où il n'y avait que des certitudes, il n'y a à présent tant d'interrogations, et ma pauvre Chérie s'en rend compte. Elle ne me dit rien de ce qu'elle ressent par rapport à tout ça mais je sais que si je lui parle, elle va souffrir, probablement plus que de mon silence. Elle vient de partir aux portes ouvertes d'une association de percus brésiliennes. Avant de sortir, elle m'a demandé ce que j'allais faire, ce à quoi j'ai répondu que j'allais sans doute répondre au mail de Perf. Et là : « tu lui parleras de tes interrogations sur nous... » ! J'étais assise sur le lit, elle, debout face à moi. Son regard inquisiteur ne me lachait pas, j'étais au suplice... Je mourais d'envie de lui répondre mais j'ai peur des conséquences. Même si je me pose la question, je ne veux pas savoir, j'ai peur de découvrir que je ne l'aime plus, peur de la perdre. Je n'arrive pas à savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, je suis si douée pour me mentir. Dès qu'on se prend un peu la tête, j'ai peur que cela signifie que c'est fini ; quand elle ne me manque pas, je me dis que peut-être je ne l'aime plus mais il y a aussi des moments où je ne me vois pas vivre sans elle, où elle me manque même quand elle dort. Ma mère me reprochait mes idéaux mais n'est-ce pas fou de croire en cet amour que je n'ai toujours vu que dans mes livres ? Je lui en veux tant, à ma mère, d'avoir ainsi jeté le trouble dans mon esprit et dans notre vie qui m'était pourtant si douce. Tout ce bazard ne serait-il pas du à mon ennui perpétuel ? En tout cas, il est une chose sur laquelle mum avait raison : quoi que je fasse, cela fera toujours souffrir Carla... Et je souffre de voir ce que je lui fait. Et si je l'aime vraiment, à quoi bon lui parler de ces bêtises qui me trottent en tête ? C'est le foutoir, je ne trouve aucune réponse et j'ai envie de fuir, fuir avec elle. Loin de ceux qui nous critiquent, loin de ma vie médiocre sans autre présent que ma femme et sans avenir... Elle mérite d'être heureuse, elle mérite ce qu'il y a de mieux et je suis sûre que ce n'est pas moi qu'il lui faut. Mais je ne veux pas la quitter !
Ce qui nous éloigne aussi en ce moment, c'est ma situation. Même si elle a connu la même chose par le passé, elle a oublié ou en tout cas, les rôles ont changé. A l'époque, c'est elle qui déprimait d'être inactive et au chômage, sans savoir ce qu'elle ferait de sa vie, et c'est Kim qui tentait de l'aider. Maintenant, c'est moi qui rame et elle qui déprime de ne pouvoir m'aider ou me tenir la tête hors de l'eau... Cette espèce d'incompréhension dont elle fait preuve me rend irritable à son égard car, alors que j'ai du mal, il faut que je la soutienne... C'est sans doute égoïste de ma part, je le sais... C'est pour ça que je veux toujours lui prouver mon amour : j'essaie de racheter toutes mes boulettes, mes sautes d'humeur, mes colères stupides...
Hier matin, après avoir écrit sur ce blog, je n'ai cessé de penser à elle, au point d'avoir follement envie... J'ai fini par me rendormir et vers 11h30, ce sont ses baisers qui me réveillaient doucement. Elle devait vite retourner au travail mais tant pis, je n'en pouvais plus ! Comme Perf l'a fait remarquer, ce que j'ai écrit est assez contradictoire et je le sais bien. Lorsque je commence à taper, je panique, j'ai peur, j'angoisse et l'écriture m'apaise, tout semble plus clair une fois mes pensées inscrites à l'écran. Peut-être n'est-ce qu'une illusion mais en même temps, je crois sincèrement qu'une partie de mon coeur reste bien à elle et bat toujours, quoiqu'il arrive, pour elle. A présent, j'ai hâte qu'elle rentre pour me jeter à son cou et lui faire encore l'amour...
La journée commence mal, encore des larmes. Carla a bien compris que quelque chose clochait ces derniers temps entre nous. Elle passe de très mauvaises nuits, se retournant sans cesse et lorsque je lui en demande la cause, elle me répond qu'elle se fait du soucis pour moi... La nuit dernière, réfléchissant encore à notre relation, j'ai fini par lui demander à 3h30 environ si elle avait toujours envie de moi. Pour elle, il semble évident que oui mais ce n'est pas l'impression que j'ai. Je sais bien que j'ai, de mon côté, une certaine baisse de désir mais je me refuse à croire que cela signifie le déclin de mon amour. Vue ma situation, je crois qu'il est normal que je sois préoccupée et à défaut de lui faire l'amour, j'ai toujours grand besoin de ses bras. Je la vois qui s'inquiète, je veux être honnête mais ça ne la rassure en rien, je n'y arrive pas. Elle sait aussi qu'il m'arrive de me faire du bien en son absence. Qu'en pense-t-elle ? Ai-je vraiment changé ? Suis-je plus distante ? Elle ne veut donner aucune réponse à ces questions mais elle est inquiète. Elle semble si vulnérable, si fragile... Je veux qu'elle soit heureuse mais rien n'y fait. Je ne vais pas bien donc elle ne va pas bien non plus. Je broie du noir et elle fait de même. En fait, je crois que j'étouffe, chez nous. J'ai envie de lui faire l'amour partout mais pas chez nous. Je supporte de moins en moins ces 24m² que je connais par coeur. Je ne peux rien changer ici et je me sens coincée. Le lit me semble de moins en moins confortable pour des câlins. J'ai besoin de changements mais c'est impossible.
Ce matin, c'est donc en pleurs qu'elle m'a laissée pour aller au travail, après avoir tenté de lui expliquer que ce n'est pas d'elle dont je n'ai plus envie, que j'ai besoin d'un peu de temps... Je n'arrive même pas à savoir si je suis vraiment honnête ou si je nous mens à toutes deux... Je sais que moi seule peut répondre aux questions que je me pose mais qu'elle que soit la réponse, il est si douloureux et culpabilisant de le faire. Comment puis-je douter avec une femme si parfaite à mes côtés ? Personne n'a jamais eu tant confiance en moi, personne ne m'a jamais soutenu comme elle le fait, alors d'où sortent ces interrogations ? Peut-être ai-je trop de temps pour penser aux pires bêtises.
J'ai dû lui envoyer trois textos après son départ pour lui dire encore que je l'aime mais elle a peur. Elle a toujours eu peur que je ne la quitte mais là, elle doit se sentir bien proche du gouffre, la pauvre... Lorsque je lui ai dit en plaisantant que je n'aurais jamais payé un week-end aussi cher que celui que nous avons dernièrement passé pour quelqu'un que je m'apprettais à quitter, elle m'a répondu que ça pouvait très bien être pour me convaincre que je l'aimais encore. Que puis-je répondre à cela ? Quoique je fasse, rien ne me semble assez fort pour lui prouver l'amour que j'ai pour elle. Qu'est-ce qui me prend de risquer ainsi de la perdre ?!? Moi-même, je me trouve bien stupide ! Je sais que je l'aime, c'est juste l'enfermement et la déprime qui me font perdre la tête ! Je devrais me jeter à ses pieds, je devrais la choyer comme jamais et qu'est-ce que je fais ? Je lui laisse entendre qu'il est possible que je la quitte ! Pauvre cher Ange ! Elle ne mérite vraiment pas ça... Il faut que je me reprenne, je n'ai pas le droit de la faire souffrir ainsi, si inutilement et injustement.
Allez, une petite surprise pour ce soir : elle ne m'a encore jamais vue avec la dernière guêpière que je me suis offerte. Je pense que ça pourrait lui plaire de me trouver avec en rentrant du travail. Je ferai quelques achats cet après-midi et j'espère pouvoir lui rendre le sourire...
Comme mes fans me réclament des nouvelles de l'ANPE et de la danse ;), en voici. Je n'avais pas eu le coeur d'en parler la semaine dernière, après la nuit que je venais de passer, encore toute chamboulée par mes morbides considérations.
Ainsi, vendredi matin, j'avais été convoquée à l'ANPE, près du lieu de travail de ma Douce. Le rendez-vous était fixé à 9h30 mais comme toujours, il faut un peu patienter. Cela n'a rien de gênant mais lorsque l'on est angoissé comme moi, qu'il n'y a pas de salle d'attente ou en tout cas, un petit coin prévu à cet effet, il est très stressant de poireauter dans le hall d'entrée, bien embêtée par ce grand corps dont je ne savais que faire ni où mettre, avec les gens qui passent. L'angoisse stupide qu'on ne me trouve pas lorsque l'on me cherchera, l'appréhension de l'entretien me nouait la gorge et je suais à grosses gouttes... Mon tour vint enfin et je me retrouvai face à une femme, à la main toute molle (j'ai dû lui écraser les doigts en la serrant !) mais gentille, souriante, un peu speed aussi mais il faut dire qu'elle ne peut pas faire autrement, vu le peu de temps qu'elle peut consacrer à chacun. Elle m'expliqua alors qu'il était inutile de me faire passer un bilan de compétences (eh oui ! Je n'en ai aucunes !) mais que par contre, elle allait m'inscrire sur le champ à un programme en groupe auprès d'un de leurs prestataires, un accompagnement renforcé et personnalisé. La réunion d'information aura lieu jeudi prochain, à 9h, il faudra encore se lever tôt... Quant au programme à proprement parlé, il ne commencera que le 28. Normalement, j'avais le choix d'être en groupe ou non mais ma conseillère, considérant que le groupe « apportait une certaine dynamique », ne me le laissa pas. Peut-être n'est-ce pas plus mal... Je ne dirai pas que j'en suis ravie mais je n'en suis pas forcément fâchée. Cette solitude qui m'a si vivement atteinte ces derniers temps me pousse à présent à ne pas rejeter la présence des autres, je l'accepte mais bon, je ne cherche pas non plus le contact... Mais, comme lorsque j'étais enfant ou ado, comme à chaque rentrée, l'idée de découvrir de nouvelles têtes me fait espérer : j'espère me faire des amis ou à défaut, de bonnes relations. Je sais que la chute sera d'autant plus dure si finalement rien ne se passe mais je suis ainsi. Advienne que pourra ! En fait, je ne sais pas trop à quoi m'attendre avec ce programme, tout ce que la conseillère et Carla m'ont dit, c'est qu'il va falloir se poser pleins de questions, se remettre en question, il y aura des séances en groupe et des entretiens avec un conseiller. Comme me l'a dit Manu, un de mes beaux-frères, ça sera : « Bonjour ! Je m'appelle Lucie, etc. », genre réunion des alcooliques anonymes. Si c'est le cas, au secours ! Je veux pas me retrouver assise en cercle, avec tout le monde face à moi... Allez, comme je l'ai déjà dit, ADVIENNE QUE POURRA !!!
Quant à la danse orientale, le premier cours avait lieu ce soir à 20h15. Comme convenu, Carla m'y a emmenée et Cat m'a accompagnée, participant au cours avec moi. En entrant dans le studio, panique à bord : l'entrée est pleine de jeunes femmes, toutes belles ou semblant sûres d'elles. Eh oui ! Ça doit sembler bien idiot mais je me sens mal au sein d'un groupe exclusivement féminin. La beauté et l'assurance font qu'elles ont l'air plus à leur place en ce lieu que moi, qui suis toute perdue et stressée. Une furieuse envie de fuir me prend alors que j'avance avec Cat vers le comptoir pour m'inscrire. Avec toutes les nouvelles adhésions, nous sommes un peu retardées et les autres filles arrivent au compte-goutte. Certaines commencent déjà les présentations, d'autres montrent leurs chaussons de danse ou leurs foulards à breloques. Je reste plaquée au mur à côté de Cat, essayant de me détendre mais rien n'y fait. Ce monde, ce miroir qui me renvoie l'image d'une grande perche au trop long cou, aux bras si stupides, aux mèches folles qui ne veulent décidément pas rester dans leur tresse... La prof nous rejoint enfin et se présente. Petite, des seins magnifiques, une voix douce. Elle m'inspire confiance. On se met en place, moi au fond, sur le côté. Les étirements commence et ma maladresse se fait déjà sentir : je ne suis pas souple, je n'arrive pas à toucher mes pieds sans fléchir les genoux, contrairement aux autres, je ne suis pas non plus gracieuse... Je fais de mon mieux, le résultat doit être si beau, à en voir la prof, je dois juste m'accrocher et prendre confiance. Malgré ma bonne volonté, ce fut un peu pénible : je déteste vraiment ce corps trop grand avec ces poteaux que sont mes bras, ce ventre qui gronde de faim et ce dos tordu qui fait si mal !!!! Eh oui ! Le plus dur fut de rester droite une heure durant. Avec la scoliose que j'ai (merci Papa !!! grrrr !), c'est vraiment douloureux. Mais je me suis lancé le défi de réussir, ou au moins tenir quelques semaines. C'est si beau, la danse orientale ! Il faut que j'y arrive ! Je veux apprendre à contrôler ce corps, apprendre à me mouvoir avec grâce, que mes bras trouvent enfin une utilité lol. En tout cas, même si j'ai l'impression de n'avoir rien fait comme il fallait, que je me sens décidément bien tarte, il est quelqu'un qui est fier de moi : ma Femme. Elle a tenu à ce que je lui montre ce que j'avais fait en cours et bon gré, mal gré, il fallut y passer. Je lui montrai mes bêtises, ces mouvements que je n'arrive pas à faire aussi parfaitement que je le voudrais, et elle de me dire que je fais tout très bien. Quel amour !
Voilà, je retournerai normalement toutes les semaines à la danse et ma recherche d'une nouvelle orientation professionnelle va enfin réellement commencer. Je renoue avec le monde, j'espère m'en sortir sans trop d'égratignures...
Hier soir, comme toujours, j'avais du mal à m'endormir. J'avais éteint la TV et comme je venais de m'acheter des livres à la Fnac, j'en entamais un : ''Couples gays, dix hitoires de familles homosexuelles''. Je n'ai pas d'amis et encore moins d'amis gays, et je suis avide de savoir sur le sujet. J'ai besoin de voir, savoir, comment ça se passe pour les autres. Je ne peux poser de questions à personnes alors je me tourne vers mes amis de toujours : les livres. Ainsi, dès que j'en trouve traitant de l'homosexualité, de l'homoparentalité, je me jette dessus et les dévore. Tiens, petit coup de gueule !!! A la Fnac, il est rare de tomber sur ce genre de livres car on n'y vend que les livres récents , qui sortent tout juste, en nombre très limité, et où sont-ils rangés ? Au rayon société, sociologie ! Eh oui ! À la Fnac, les gays sont un cas sociologique ou un phénomène de société ! Allez chez Décitres ou en librairie Privat, ces mêmes livres sont classés avec ceux concernant la sexualité et la famille, ce qui me semble plus normal !
Je disais donc qu'hier soir, j'entamais tout juste mon dernier bouquin et comme le sommeil ne venait pas alourdir mes paupières, je lus les deux premières histoires. La première concernait un couple gay, parlait de leur rencontre et de leur vie à deux. Ces deux hommes avaient 24 et 49 ans, ce qui, comme on peut facilement le comprendre pose la question de la mort ou plutôt de la perte (toujours prématurée) de l'être aimé. La deuxième histoire racontait les débuts d'un couple lesbien dans les années 43/44. Ces deux femmes ont à présent 78 et 79 ans, et là encore, l'idée de mort, de perte de l'autre était très présente. Ces deux témoignages étaient si touchant ! Et lorsque ces deux femmes évoquèrent leur première Gay Pride en 2000, la première fois qu'elles se sont tenu la main en public, les vanes se sont ouvertes !... Tout était si touchant, si beau que j'en arrivai à me demander si j'étais vraiment amoureuse de Carla. Je ne ressens pas les choses comme ces gens si aimants alors est-ce de l'amour que je ressens ? Ma mère aurait-elle raison en disant que je ne suis pas amoureuse ? J'avoue que je me pose régulièrement la question... Et c'est le genre de chose qui fait mal quand on y pense. Je sais que d'une façon ou d'une autre, je l'aime et jamais je ne voudrais la perdre mais est-ce ça l'amour ? Peut-être est-ce juste de vivre ensemble, repliées sur nous-même, surtout en ce moment où je suis toujours au bord de la déprime, sans que je ne voie qui que ce soit d'autre, qui me travaille et émousse un peu la passion... Je ne sais... Et puis, l'idée de mort me trottait aussi en tête. C'est peut-être idiot, je n'ai que 22 ans, j'ai encore la vie devant moi mais j'ai peur de mourir un jour d'un cancer, peur aussi de la solitude et du manque si je venais à perdre ma femme. Je me sens si seule lorsqu'elle ne fait que dormir, alors qu'est-ce que ce serait si ?... Concernant ma propre mort, ma mère est bénévole aux soins paliatifs et les cancers sont si fréquents. Sinon, mon grand-père paternel est mort d'un cancer du colon et mon grand-père maternel a failli mourir d'un cancer au niveau des cordes vocales. Quant à moi, avec ma peau, mes yeux et mes cheveux clairs, j'ai un 'physique' à risque, sans parler des brûlures de mon enfance. Et puis, cette parano que les médias et le corps médical font régner !... Allez chez le gynéco tous les ans pour prévenir ou déceler un cancer du sein, de l'utérus ! Ne fréquentez pas les lieux enfumés sinon cancer du poumon ! Ne vous exposez pas au soleil sinon cancer de la peau ! On meurt à présent sans aucune maladie, même avec la plus parfaite hygiène de vie : quand j'étais adolescente, un ami de ma mère est mort d'un cancer du poumon qui s'est généralisé. Il avait bien 70 ans, sportif, jamais fumé de sa vie, mangeant bio et très équilibré ! Comment est-ce que ça a pu arriver ? Son agonie fut longue et douloureuse... Mourir n'est pas un problème pour moi, c'est la façon de quitter ce monde qui m'effraie. Je ne veux pas me voir partir en miettes, je ne veux pas souffrir, je ne veux pas perdre le contrôle de mon corps ou de mon esprit. C'est donc sur ces réflexions tristes au possible que je me suis mise à pleurer à gros sanglots sans pouvoir m'arrêter. Carla s'était réveillée et tentait de me consoler. Mais je ne voulais pas de mots, aucun ne peut me rassurer, j'avais juste besoin qu'elle me serre dans ses bras, la tête sur sa poitrine... A force de me voir pleurer, elle désespérait de ne pouvoir me calmer et c'est elle qui finit en larmes dans mes bras. J'ai beau lui dire que c'est dans ma nature, que je suis quelqu'un de tourmenté, de torturé comme dit ma mère, elle ne veut rien entendre et prend ma tristesse comme un reproche, la preuve qu'elle ne peut rien de bon pour moi. Elle sait que j'ai fait des progrès depuis que nous sommes ensemble, mais comme elle m'a peu connue auparavant, elle ne sait pas à quel point j'ai changé.
C'est ainsi que ce matin, je me levai les yeux cernés et les paupières encore lourdes des pleurs de la nuit. Parfait pour aller à l'ANPE ! Petite bêtise : j'étais si fatiguée que je n'ai pas fermée la porte à clé en sortant...
Je n'aurai pas le courage de parler encore de notre week-end en amoureuses : j'ai tapé pendant près de 4h pour l'écrire et les deux fois, un bug, une bêtise et j'ai tout perdu. En tout cas, c'était idyllique ! Bien sûr, tout n'était pas aussi parfait que ce que je voulais (en même temps, je m'y suis prise à la dernière minute) mais c'était tout de même très bien et ça nous a permis de faire disparaître les tensions qui régnaient la semaine passée. Un lieu calme et romantique, dîner dans un restaurant exquis, faire l'amour sous les étoiles, etc... A tous égards, je fus satisfaite ! Et ma Douce aussi ! Et voici la récompense que je reçus lundi dernier :
" Bonjour Ma Beauté,
Juste un petit mot pour te dire MERCI pour ce fabuleux week end !!!!
Tu es folle de dépenser autant d'argent pour nous...
Je t'aime tellement.
Je continue de tout faire et je continuerai de tout faire pour que tout se passe le mieux pour nous. Je ravallerai ma fierté à chaque fois que je devrais avouer que tu as raison et que j'ai tort.
Oui, je suis froide et distante quand on se boude mais sache qu'il suffit à chaque fois que tu me fasse les yeux doux pour que l'iceberg que je suis fonde sous ton regard...ii n'y a que toi à me faire cet effet chérie !!
Lucie !!! Je craque pour tes yeux, je craque pour tes seins, je craque pour tes lèvres, je craque pour ton cou, je craque pour tes fesses, je craques pour tes cuisses, je craque pour ton décolleté et je craque pour toutes tes courbes habillées d'une guépière, de portes-jaretelles et de bas satinés...un délice à découvrir sous cette jupe que tu portais, et ce chemisier blanc ! ah ! maudissez moi de toute cette tentation à laquelle je ne peux que succomber !
Mon Trésor, je me nourrie de tout ton amour, tous les jours, tes baisers et tes calins me donnent tant de force, tes mots doux sont une comptine pour mes oreilles, tes soupirs dans ton sommeil..comme tu a l'air apaisé. tu es belle quand tu dors, tu es belle quand tu t'habilles, tu es belle quand tu te déshabilles...
Après toutes nos engueulades, je me demande à chaque fois mais comment je pourrai vivre sans toi ? comment je pourrai me passer de toi ? J'espère qu'à chacune de nos disputes je trouverai la force de revenir vers toi. Je l'ai toujours trouvé, je crois bien que c'est parce que je t'aime, j'espère la trouver encore et toujours, mon Amour.
Toi, Ma Femme, ma grande sensible qui me touche profondémment, toi dont je bois les paroles, tu m'interesses, tu me plais, ton histoire me touche. La vie serait monotone sans tes sautes d'humeur, ma vie serait triste sans tes accès de folie. Je suis une grande lunatique aussi, et entre bêtes à cornes on s'entend mieux, on se comprend mieux, on se supporte mieux ? toi, on a envie de te caliner, te protéger, t'écouter, te regarder, t'observer, te caresser, te faire l'amour...
Je remercie la Terre, la Vie, ta mère ? pour avoir déposer sur mon chemin un Trésor...Toi, que je garde, et chérie précieusement.
Il y avait, il y a et il y aura désormais un avant et un après Lucie.
Pardonnes mes dérapages incontrôlés, mes erreurs, mes bouderies. Pardonnes les souffrances que je t'inffliges involontairement et je te demanderai qu'une seule chose, que ton coeur batte toujours pour moi.
JE T'AIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMMMME !!!!!!!!!!!!!!"
Maintenant, depuis lundi, il faut revenir au quotidien, ce qui n'est pas forcément agréable mais enfin, il le faut bien. C'est tout de même plus facile maintenant que nous ne nous disputons plus tous les jours, Carla et moi. Même si je n'essaie plus de me lever tôt, que je reste une marmotte le matin, je fais de mon mieux pour m'occuper et faire en sorte de garder l'appart en état. Je ne sors toujours pas de la maison mais au moins, j'ouvre les volets dès que je me lève, je mange un peu, je m'habille, j'ouvre même les fenêtres lorsque le soleil daigne se montrer ! Je sais que ces petits gestes tout simples n'ont l'air de rien mais c'est quelque chose que je ne faisais pas auparavant. Et je regarde des trucs un peu moins débiles à la TV : avec la rentrée, je peux à présent regarder 'les Maternelles' et le 'Magazine de la santé' :) J'essaie donc de me reprendre un peu en main, tant bien que mal. Ce qui m'ennuie, c'est que la solitude est toujours la même, voire pire... En journée, il n'y a personne sur le net, j'ai dû faire peur à mon dernier interlocuteur, et le soir, Carla multiplie les activités et Kim est au Kung-Fu toute la semaine...
Et ce blog, ce journal, qui devait m'aider devient aussi source de petits tracas. En effet, je me sens si seule que je guette les visites sur Shenight ainsi que les commentaires laissés. Je sais pourtant qu'il n'y a qu'une seule personne qui réagit à ce que j'écris et qui forcément, ne le fait que lorsque je laisse un post, mais je continue malgré tout... C'est comme lorsque j'ai envie de manger : je connais le frigo et le placard par coeur mais je les ouvre sans cesse, pour rien.
Enfin, demain, je serai obligée de sortir : rendez-vous ANPE à 9h30 ! Pourquoi me donnent-ils toujours rdv le matin ? Grande question ! Ils savent pourtant que je suis au chômage, je suis donc libre toute la journée alors pourquoi si tôt ?... Enfin, disons que ça me fera prendre l'air. Si j'en ai le courage, je pourrai rentrer par les berges. J'appréhende un peu, en fait. C'est le début de mon suivi mensuel personnalisé et donc, tous les mois, je devrai aller voir quelqu'un pour lui raconter que je ne cherche pas de travail... Peut-être que ça m'aidera mais avec les avis négatifs qu'on me donne de part et d'autre, j'ai du mal à être optimiste. Et puis, à chaque fois, il faut jouer la comédie : je m'habille bien, me maquille et me tiens raide comme un piquet sur mon siège en parlant mieux que jamais, faisant tout pour avoir l'air de quelqu'un de sérieux, tout le contraire du laisser aller qui règne actuellement dans ma vie ! Je sais que j'y arrive très bien lol, même Carla est surprise chaque fois qu'elle me voit me comporter ainsi ! Dans ma famille, on est très doué pour sauver les apparences, on apprend très tôt à être cinglé sans le montrer. Enfin, on verra demain ce que ça donnera. Je croise les doigts pour tomber sur quelqu'un de sympa...
Et lundi, je dois aller au premier cours de danse orientale. Cat, la belle-soeur de Carla, m'accompagnera, histoire que je ne me sente pas trop seule, mais dans le fond, je ne sais pas si ça me rassure ou m'effraie. Je suis touchée qu'elle fasse ça pour moi mais en même temps, j'ai tellement peur de n'avoir l'air de rien devant une personne connue que je suis un peu 'partagée'. Enfin, là aussi, je verrai bien !
Et pour finir, je tiens à souhaiter un JOYEUX ANNIVERSAIRE à ma soeur Louise qui fête en ce 13 septembre ses 18 ans !!!!! Voilà, même si tu ne liras jamais ça, je te fais plein de gros bisous, mon Loulou ! Je mettrai du temps à m'y faire, comme au fait que tu entres en 2ème année de fac, alors que dans mon esprit, tu es toujours la lycéenne de 15 ans !
Voilà, afin de me retrouver avec ma Douce, au programme de ce week-end, un petit séjour dans le Beaujolais : hôtel 3 étoiles, resto gastronomique et balade à cheval. J'espère que ça portera ses fruits parce qu'après ça, si ça va toujours aussi mal, je ne saurai plus quoi faire... Allez, on croise fort les doigts et on y met du sien ! Hauts les coeurs !!!!
Ce midi, après m'être recouchée, j'ai été réveillée par le téléphone : c'était la belle-soeur de Carla qui me proposait de l'accompagner en fin de journée à son cours de danse orientale. Eh oui ! j'ai envie de m'y mettre ! Sur le coup, j'ai accepté mais après le bilan que j'avais fait le matin même sur ce blog et le réveil brutal avec mal de crâne, j'ai eu un gros coup de cafard. Je n'avais pas envie de prendre le métro et de faire le pied de grue à un feu rouge. L'après-midi a passé, la solitude me pesait de plus en plus. Ma meilleure amie m'a appelée mais a vite du raccrocher pour discuter sur le net avec l'homme qu'elle aime. Je voulais faire ma lessive mais la seule machine de la laverie était déjà prise. Des trucs tout bêtes qui me décourageaient progressivement. Au bout d'un moment, Carla m'a appelée et je lui ai dit que finalement, je renonçais à accompagner Cat. J'ai évoqué le fait que je ne voulais pas prendre le métro et elle m'a répondu que dorénavant, si je voulais sortir, il fallait prendre la voiture. Sur le coup, j'ai eu l'impression qu'elle prenait ça pour un caprice et je me suis énervée. Elle m'a raccroché au nez et impossible de la ravoir au téléphone. Plus tard, sur le net, elle disait ne rien m'apporter et me rendre malheureuse, qu'elle était prête à me quitter si c'était pour mon bien !!!!! Oui, je sais, on donne vite dans le mélodrame... L'une comme l'autre sommes à fleur de peau et ça dégénère toujours, surtout en ce moment. Cela fait maintenant une semaine que, malgré de petites attentions, nous nous prenons le bec à tout va. Nous passons des moments formidables mais un rien suffit à tout faire voler en éclat. C'est ensuite vite oublié ou mis de côté mais ça fait pas de bien et surtout, ça fait peur ! C'est la première fois que nous traversons pareille 'crise'...
J'ai finalement réussi à me calmer en cherchant où partir en week-end et en discutant avec une connaissance sur le net. A l'heure de son retour, je veillais à la fenêtre et sautai dans l'ascenseur en appercevant ma Belle au coin de la rue. Une fois dans les bras l'une de l'autre, il n'était plus question de se quitter ! Ouf ! Mais, Dieu ! que j'ai eu peur ! La soirée fut donc bien douce et Carla renonça même à son entraînement de volley pour rester avec moi à la maison. Maintenant, est-ce que tout est rentré dans l'ordre ? la paix est-elle de retour chez nous ? Je sais que c'est mon inutilité et ma solitude qui me rendent si irritable, elle le sait aussi. Mais malgré tout, elle voit ça comme un échec pour elle car elle n'arrive pas à me tirer de ma mélancolie. De mon côté, je me sens si dévalorisée : mon rôle se limite à tenir la maison en état et faire en sorte qu'elle soit rangée à son retour du travail. Et si je n'ai pas trouvé le courage de le faire, je m'en veux d'autant plus, ce qui me rend encore plus triste...